Je définis la chorégraphie comme l’art de créer, l’art de créer du mouvement, écrire de la danse, mettre en scène un corps et son expression au service d’un propos, d’une histoire, mettre en valeur un artiste, une musique, une marque, un vêtement, un produit selon ce qui le définit. Et c’est réellement ce qui me passionne aujourd’hui.

Danseuse dans l’âme, créer fait parti de moi depuis mon plus jeune âge. Une musique, une chanson me plait : me voila m’enfermer dans ma chambre pour composer une chorégraphie.

Cela se traduit ensuite par la création de groupes entre copines ; se retrouver en salle pour élaborer des chorégraphies sur des thèmes ou musiques.

Pour au final devenir un besoin vital qui m’amène à créer mes propres visuels.

« Une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité. Car celui qui créé doit être son propre univers, et trouver tout ce qu’il cherche en lui et dans la nature à laquelle il s’est lié. » […]

« Laisser s’épanouir toute impression et tout germe de sentiments au plus profond de soi, dans l’obscurité, dans l’ineffable, dans l’inconscient, dans cette région où notre propre entendement n’accède pas, attendre en toute humilité et patience l’heure où l’on accouchera d’une clarté neuve : c’est cela seulement qui est vivre en artiste, dans l’intelligence des choses comme dans la création. »

Rainer Maria Rilke

Le récit d’une de mes créations

2014, la chanteuse/auteure/compositrice australienne Sia sort le tube « Chandelier » et son clip atypique : une jeune fille grimée d’une perruque blonde platine à franges, vêtue d’un body chair évolue seule dans un appartement délabré ; elle bouge, s’exprime, danse, ressent et nous raconte une histoire. Une expressivité, une humanité et un langage chorégraphique qui me parle tout de suite et m’inspire !

Je choisis donc cette musique pour un de mes cours et propose une nouvelle variation à mes élèves. Travail qui se transformera en représentation pour le Téléthon.

Une version 1 avec mes élèves pour le Téléthon (commande du département du Val de Marne)

Concrètement pour la chorégraphie : je m’inspire du clip, de la gestuelle de la danseuse, sa dynamique, son état. Tout aussi important les paroles de la chanson qui traitent du rapport à l’alcool, ce qu’il apporte, jusqu’où il peut mener, comment il peut détruire, faire oublier, faire culpabiliser, comme il peut faire planer, rire, pleurer, rendre heureux, léger ou au contraire rendre mauvais et dangereux.

Pour la réalisation : je crée sur la musique entière (3’50) un fil conducteur, un début, un développement et une fin, forme un ensemble, des solos, duos, des trios, réalise la mise en scène, habille, coiffe et maquille les danseurs.

Pour au final : 12 séances de travail d’1h30 chacune avec 15 danseurs pour 3,50 minutes de show sur la scène de la salle Georges Brassens de Villiers-sur-Marne (94), le tout pour une belle cause.
Du plaisir pour les élèves et les spectateurs, des applaudissements, des remerciements.

Très belle expérience, de la recherche sur les corps, de la création, du partage, qui renforcent mon goût pour la création, la mise en scène au-delà de la chorégraphie.

La version professionnelle – ma gestion 360° du projet

C’est à cette même période que se finalise le tournage de ma création vidéo intitulée 1.1 (projet réflexion). L’équipe est top, je propose donc logiquement de mettre en scène et réaliser ce tableau qui m’enjoue toujours autant.

Feu vert de ma réalisatrice et de mon photographe, je sélectionne 6 danseuses professionnelles, trouve un lieu, des maquilleuses, des bodys chair, postiches, tapis de danse, accessoires… et prépare cette captation qui présentera mon travail.

Après des répétitions exigeantes et constructives avec les danseuses, je planifie la journée de tournage en intégrant 2 contraintes majeures :

– Le froid car il fait 3° dans l’immense hangar qui sert de plateau. Et nous serons pieds nus en simple justaucorps
– La lumière car le tournage dure 8h ! ; il nous faut donc intégrer les changements de luminosité naturelle pour les captations.

Déroulé du jour J : préparation du plateau, éclairage, mise au point matériel photographe et réalisatrice, arrivée des danseuses, maquillage, acclimatation à l’espace.

Jour J

La première étape consiste à adapter les mouvements et la danse au décor, à gérer l’espace avec les nouveaux repères du plateau. Nous ne sommes plus au chaud dans une salle de danse avec miroir.
Je mets les danseuses en confiance, intègre le décor à la danse (la porte, la rampe suspendue, les barreaux en zig-zag, le mur…) pour une valeur ajoutée visuelle et un maximum de choix en post-production.

Mes idées : des postures en début de vidéo qui présentent les personnages en accéléré, des ensembles en plan large, des solos, des duos et des trios en plan serrés pour plus d’intensité et d’émotion, tout en gardant une unité grâce à la stylistique et au langage chorégraphique.

Tout s’enchaine de façon fluide, avec des inévitables temps d’attente entre les prises raccourcis au maximum pour ne pas perdre l’énergie et la qualité des corps.

Ma vision du projet : chaque étape de la réalisation est intense et exige une organisation, une réflexion et une maitrise indispensable au bon déroulement du projet.

Le travail est stimulant : gérer 12 personnes (réalisation, danseuses, maquilleuses) et leur planning, des répétitions au tournage, expliquer mes attentes, trouver les costumes, des tapis de danse, un lieu comme je le visualise, diriger le tournage, travailler le montage avec la réalisatrice…

Et au final n’avoir qu’une envie : recommencer !